L’ESSENTIEL
Chaque respiration a un impact individuel sur l’activité cérébrale. Cette découverte ouvre de nouvelles voies pour comprendre les troubles dans lesquels la respiration est dangereusement perturbée comme la mort subite du nourrisson. Les résultats de cette découverte sur le lien entre la respiration et le fonctionnement cérébral ont été détaillés dans le Journal of Neuroscience, le 31 août 2026. Cette découverte ouvre de nouvelles voies pour comprendre les troubles dans lesquels la respiration est dangereusement perturbée comme la mort subite du nourrisson.
Que cela soit pour réduire son stress, apaiser les tensions ou encore se concentrer, nous avons tous le même réflexe de prendre une grande inspiration. Et c’est loin d’être mauvais puisque notre respiration joue un grand rôle dans le fonctionnement cognitif. Mais les chercheurs de l’université de Californie à San Diego ont fait une découverte de taille. Notre cerveau ne réagit pas simplement à la respiration comme à un rythme régulier. Chaque respiration a un impact unique sur l’organe et son activité.
L’étude a été publiée dans Journal of Neuroscience, le 31 août 2026.
Chaque respiration a son propre impact sur l’activité cérébrale
Pour mieux comprendre le lien entre respiration et le fonctionnement du cerveau, les chercheurs ont repris les enregistrements cérébraux de 16 personnes épileptiques à qui des électrodes cérébrales avaient été implantées à des fins thérapeutiques. Ils ont comparé la forme des ondes cérébrales des participants avec les mesures de leur respiration (débit nasal, mouvements de la cage thoracique et de l’abdomen…).
L’équipe a ainsi découvert que la forme précise de chaque respiration est étroitement liée à la forme de l’activité neuronale dans les régions cérébrales impliquées dans la cognition, les émotions et la mémoire.
« Une inspiration plus longue, une expiration plus lente ou d’autres changements dans le rythme et l’intensité de la respiration se reflètent dans les modèles correspondants d’activité neuronale, révélant une connexion beaucoup plus précise entre la respiration et le cerveau que ne le permettent les mesures traditionnelles telles que le nombre de respirations par minute », expliquent les auteurs.
« Chaque respiration est différente », ajoute Eena Kosik-Rose, première auteure de l’étude. « On peut marquer une pause respiratoire de quelques secondes, prendre une inspiration très profonde ou expirer superficiellement. Nos résultats montrent que ces différences dans la forme de chaque respiration se reflètent dans la forme de l’activité cérébrale. »
Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives de recherche sur les morts subites
La découverte de ce lien unique entre la respiration et l’activité cérébrale pourrait aider les scientifiques à mieux comprendre les événements ont le système respiratoire et le cerveau « se dérèglent dangereusement » comme la mort subite du nourrisson ou la mort subite inattendue en épilepsie (SUDEP).
« Des recherches futures pourraient examiner si le schéma respiratoire fournit un avertissement indiquant que la respiration est sur le point de s’arrêter en cas de SUDEP ou de mort subite du nourrisson », indique Bradley Voytek, co-auteur de l’étude, dans un communiqué. « Maintenant, que nous savons qu’il existe un couplage incroyablement étroit et riche entre la forme de chaque respiration et la forme de chaque onde cérébrale, un tout nouveau monde d’options s’offre à nous ».
En plus des morts subites, le chercheur et ses collègues prévoient de lancer une recherche pour déterminer si la forme de la respiration peut influencer la santé mentale.
