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En entendant les juges de première instance prononcer son acquittement, il s’était exclamé: «Thank you, thank you, thank you!» Un an plus tard, Frère Johnson, prédicateur indien bientôt sexagénaire, accusé d’avoir provoqué la mort d’une croyante diabétique en la persuadant de sa guérison, n’a pas fait le voyage depuis Bangalore pour assister au deuxième round de son procès genevois. La Chambre pénale d’appel, saisie par le Ministère public, l’a dispensé de comparaître en raison d’un stress post-traumatique, provoqué par une détention provisoire de 422 jours, que lecture de la Bible et puissance divine n’auront pas permis de conjurer.

L’audience de ce jeudi s’est donc résumée à un duel opposant le procureur Pierre Bayenet à l’avocate du prédicateur, Me Shayan Farhad. Cette dernière célèbre «la démonstration solidement construite» ayant abouti à l’acquittement du fondateur de Jesus Christ is Lord Ministries: «Le Ministère public vous demande de défaire cet ouvrage par la seule force de son obstination.» Une obstination qui a pris ici la forme d’un long réquisitoire contre le raisonnement du Tribunal correctionnel qui aurait occulté certains faits et erré sur le droit.