On ne sait pas encore grand-chose sur eux, à part qu’ils peuvent dans certains cas être mortels et que leur présence s’étend à grande vitesse aux États-Unis. Le virus Heartland et le virus Bourbon sont tous deux transmis par la tique étoilée américaine, ou lone star tick (tique étoilée solitaire). Au moins sept décès leur ont été jusqu’ici attribués, explique le site New Scientist, jeudi 20 août.

Le Nebraska vient, d’ailleurs, de devenir le neuvième État américain où l’un ou l’autre de ces virus a été détecté chez des tiques. À New York, un premier cas humain de virus Bourbon a également été fraîchement identifié.

Des symptômes parfois trompeurs

« Ces virus vont-ils continuer à se propager chez les tiques ? Allons-nous observer une augmentation des cas d’infections humaines ? Ce sont des questions que beaucoup de mes collègues et moi-même nous posons », explique Joseph Fauver, chercheur à l’université du Nebraska. Autrefois principalement présente dans le sud-est du pays, la tique étoilée américaine gagne ces dernières années du terrain vers le nord et l’ouest, sous l’effet du changement climatique et de la reforestation.

Au Nebraska, les scientifiques ont analysé plus de 7 000 tiques collectées entre 2022 et 2026. Les deux virus ont été détectés dans le comté de Sarpy, mais le virus Heartland a aussi été retrouvé dans le comté de Richardson. Aucun cas humain n’a toutefois encore été officiellement recensé dans cet État. Pour Joseph Fauver, il existe tout de même une « possibilité très réelle » que des infections humaines soient survenues sans être diagnostiquées.

Fièvre, fatigue, maux de tête, perte d’appétit, douleurs musculaires ou articulaires et nausées. Les symptômes peuvent être confondus avec ceux d’autres maladies transmises par les tiques ou d’autres virus.

Rares sont les formes graves

À ce stade, les deux virus restent rares et ne provoquent une forme grave que chez une « faible proportion » des personnes infectées. Il n’existe pas de tests commerciaux pour détecter les Heartland ou Bourbon ; les diagnostics reposent majoritairement sur des analyses d’échantillons sanguins de patients hospitalisés envoyés à des laboratoires spécialisés.

Depuis sa découverte en 2012, le virus Heartland a infecté plus de 80 personnes dans le centre et l’est des États-Unis. Au moins quatre sont mortes, dont une randonneuse de 32 ans en octobre dernier. Le virus Bourbon, identifié en 2015, a lui aussi été associé à plusieurs décès.

À New York, un homme d’une soixantaine d’années a été infecté après avoir subi plusieurs morsures de tiques sur Long Island. C’est le premier cas connu dans la grande Pomme. « Le virus Bourbon est probablement plus répandu que nous le pensons », confirme un autre chercheur, Luis Marcos.