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9 sept. 2026 à 6h50
Arrivé en Île-de-France il y a dix ans, le moustique tigre fait l’objet d’une attention des autorités sanitaires. Il gâche les soirées d’été tout en étant vecteur de maladies. Mais la possibilité d’action des maires est limitée. La démoustication relève de l’Agence régionale de santé seule et elle ne peut être déclenchée qu’en cas de risque sanitaire. En clair si des cas de contamination (dengue, chikungunya ou Zika) sont avérés. Le Val-d’Oise n’a pas échappé cet été à cette invasion. Pour tenter d’éliminer la reproduction de l’animal, les communes recommandent aux particuliers d’éliminer les eaux stagnantes, en vidant les coupelles sous les pots de fleurs, en couvrant les bassins.
« On ne peut plus ouvrir le fenêtres, aérer les habitations sans être envahi. On ne peut plus sortir sans se faire piquer de toutes parts », dénonce un habitant.
Le moustique tigre ou aedes albopictus n’est pas qu’une simple nuisance mais aussi un vecteur de maladie.
« En 2025, la France a recensé 81 foyers locaux et 809 cas autochtones de chikungunya », indique l’Agence régionale de santé Île-de-France.
Un dispositif de surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre
Petit (moins de 0,5 cm), noir avec des rayures blanches, le moustique tigre, silencieux contrairement au moustique commun qui bourdonne, est arrivé en Île-de-France il y a dix ans. Il suscite depuis « une mobilisation croissante des autorités sanitaires », selon l’Agence régionale de santé Île-de-France (Ars), qui indique qu’il fait l’objet d’un dispositif de surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre en coordination avec les collectivités territoriales, Santé publique France et son opérateur de démoustication, l’Ard (Agence régionale de démoustication).
Selon l’Ars,
« on ne pourra pas éradiquer le moustique tigre, il est durablement implanté. La priorité, c’est de suivre sa progression, limiter sa densité et surtout casser les chaînes de transmission virale quand elles apparaissent ».
Qu’en cas de contamination
En 2024, 370 enquêtes épidémiologiques ont été menées en Île-de-France par l’Ars, donnant lieu à 19 traitements insecticides ciblés.
« Chaque intervention vise à casser une possible chaîne de transmission virale. Il ne s’agit pas de démoustication de confort », prévient l’Ars. Alors que de nombreux habitants se plaignent de la non-intervention de leur mairie face à l’invasion, le maire (Udi) de Drancy (93) Jean-Christophe Lagarde indique sur ses réseaux sociaux que
« la démoustication n’est pas une décision du maire : elle est déclenchée par l’Agence régionale de santé face à un risque sanitaire. Et les villes n’ont pas le droit de le faire. En plus, dans l’espace public, ça ne servirait à rien, car les moustiques sont dans les jardins privés (…) Répandre des insecticides dangereux partout, tout l’été, n’est pas la solution. C’est interdit et les moustiques reviendront tant que la cause n’est pas éliminée… »
« Risque de transmission épidémique d’une arbovirose »
L’Ars précise que la démoustication qu’elle est amenée à opérer « vise à réduire le risque de transmission locale de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika. » Des opérations qui sont « strictement encadrées et déclenchées uniquement lorsqu’un risque sanitaire est identifié. »
L’Ars appelle cela « risque de transmission épidémique d’une arbovirose ». Pour tenter d’éliminer la reproduction de l’animal, les communes recommandent aux particuliers d’éliminer les eaux stagnantes, en vidant les coupelles sous les pots de fleurs, en couvrant les bassins.
« La situation est devenue invivable »
À Saint-Leu-la-Forêt, sur la page facebook « Tu sais que tu viens de Saint-Leu-la-Forêt quand », Céline Velon, l’adjointe au maire déléguée à la Santé et au Handicap, s’est emparée du sujet après que que de nombreux habitants ont fait part de leur exaspération.
« C’est la première année que nous sommes vraiment touchés, ça n’était pas comme ça l’an dernier », confie l’élue.
« La situation est devenue invivable. Il suffit de sortir quelques minutes dans son jardin pour subir de multiples piqûres », insiste l’adjointe au maire.
« C’est particulièrement horrible cet été », confirme Pascale, une habitante du centre-ville. Céline Velon a donc décidé d’alerter l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) puis de s’adresser à la direction départementale de l’Ars Île-de-France.
« J’ai reçu plus de 300 mails »
Son objectif était d’avoir des données « indiscutables, chiffrées et précises » en lançant un appel aux Saint-Loupiens afin de réaliser une cartographie de l’infestation. « J’ai reçu plus de 300 mails, sans compter les messages sur Facebook », confiait l’élue vendredi 4 septembre. Selon elle, le moustique tigre « a colonisé tout Saint-Leu » et il est également bien présent du côté de Taverny, Saint-Prix ou le Plessis-Bouchard et Ermont-Eaubonne.
Un moustique vorace :
« Je connais des gens qui ont été piqués trente fois en dix minutes ».
Pas d’opération de démoustication prévue
Mais l’Ars ne lancera pas d’opération de démoustication « en l’absence de cas d’arbovirose », prévient l’élue, qui compte sur le déplacements d’experts pour former les agents municipaux à la détection et à l’éradication des sites larvaires.
« Le problème est que 80% de ces sites larvaires sont dans le domaine privé. Il faudra donc aussi former et sensibiliser la population. »
L’élue prévient que « les effets ne se feront pas sentir cette année mais il faut absolument le faire car les œufs résistent à l’hiver. Certains habitants ont eu peur qu’on balance de l’insecticide partout, mais ce n’est pas envisageable et pas recommandé car cela rendrait l’insecte résistant. On ne peut agir que ponctuellement et sur des cas particuliers », conclut l’élue.
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